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L'interface des Unités de Sauvegarde
24 Novembre 1998
Introduction
Qu'est-ce que l'interface d'un disque dur? Tout simplement cette
partie essentielle qui sert à faire communiquer le système
avec le disque dur proprement dit. Un peu comme un traducteur entre deux
personnes ne parlant pas la même langue. L'interface est donc constamment
occupé à envoyer et à recevoir des données.
Physiquement, l'interface est composé d'éléments électroniques
complexes situés sur la plaquette électronique ("logic board"
en anglais) des disques durs. On désigne parfois aussi l'interface
sous le terme de contrôleur du disque dur, mais cette terminologie
est peu précise, en raison de tout ce qui reçoit le nom de
contrôleur dans une machine à tort et à travers.
Il y a deux types principaux d'interface en usage actuellement
: l'interface ATA et l'interface SCSI.
L'interface ATA ou IDE
Le terme IDE signifie "Integrated Drive Electronics", il est générique
et pourrait en fait s'appliquer à tout disque dur qui intègre
sur la plaquette électronique dont il est pourvu les composants
de l'interface, ce qui est le cas de tous les disques durs actuels, IDE
ou SCSI. Le véritable nom de l'interface IDE est en réalité
ATA pour "AT Attachment".
L'interface ATA proprement dit
La plaquette électronique vissée
sur le disque dur englobe entre-autres :
- un endec, pour encodeur/décodeur ou
"encoder/decoder" en anglais. L'endec, à l'instar de ce que fait
un modem, transforme selon différents schémas d'encodage
assez complexes les bits en impulsions magnétiques lors de l'écriture et vice versa en lecture. Il sert à passer du monde digital au monde
analogique et le contraire. L'endec est aussi parfois appelé "data
separator".
- de la mémoire cache, 1 MO le plus
souvent pour les disques durs ATA (ou SCSI) hautes performances.
- un circuit
électronique, que l'on appelle aussi parfois contrôleur, qui
gère le moteur électrique responsable de la
rotation des plateaux du disque dur.
- un autre circuit du même type pour piloter
le moteur électrique qui fait se mouvoir les têtes et les
amène au-dessus de la bonne piste.
- un processeur et son inséparable complément
de mémoire qui est le chef d'orchestre de l'interface.
- le connecteur ATA à 40 broches sur
lequel s'attache le câble parallèle ATA
- le connecteur à 4 broches de l'alimentation
Le rassemblement en un bloc du disque dur et de son interface permet
de diminuer le nombre de composants électroniques de l'interface
et surtout les parasites qui corrompent les données, d'améliorer
la fiabilité globale du système et ses performances. Il faut
se rappeler pour comprendre l'importance de cette caractéristique
que les anciens disques durs voyaient leurs performances considérablement
limitées par la séparation du disque dur et de son interface
situé à distance sur la carte-mère.
Le contrôleur ATA se distingue par une très faible
consommation de courant. Il implante les récentes normes d'économie
d'énergie en se mettant en état de veille lorsqu'il n'est
plus utilisé après une période définie.
Le connecteur ATA de la carte-mère.
Le connecteur ATA de la carte-mère comporte 40 broches.
La broche 20 ne transmet pas de signaux électriques, elle est souvent
utilisée pour l'orientation du câble ATA.
Il y a un grand nombre d'architectures de carte-mères différentes,
mais, habituellement, le connecteur ATA est directement relié au
pont sud du chipset de la carte-mère ("chipset south bridge").
Ce pont sud est la partie du chipset qui gère le bus ISA et sert
d'interface entre les bus ISA et PCI. Les données sont envoyées
vers le système en vagues parallèles de 32 bits via le bus
PCI à sa fréquence habituelle de 33 MHz. On peut donc considérer
schématiquement que les deux connecteurs ATA présents actuellement
sur la plupart des carte-mères sont des connecteurs PCI.
Le câble ATA
Il relie les connecteurs du disque dur d'une
part et de la carte-mère d'autre part par l'intermédiaire
de 40 fils (ATA standard) ou 80 fils (norme Ultra DMA/66). La présence
des 40 fils supplémentaires à la terre de la norme Ultra
DMA/66 réduit les parasites de façon majeure et est une condition
sine qua non de l'augmentation des taux de transfert qu'amène la
nouvelle norme. C'est toutefois le connecteur classique à 40 broches
qui reste utilisé de façon universelle dans un soucis de
compatibilité rétrograde.
Le câble ATA est parfois appelé
nappe en raison de son aspect extérieur semblable à une nappe
de fils parallèles. Théoriquement, la nappe ne doit pas dépasser
une longeur d'une cinquantaine de centimètres pour éviter
l'affaiblissement et le parasitage des signaux électriques véhiculés.
Il faut soigneusement la fixer à l'intérieur du boîtier
à distance du processeur et de la carte-mère, toujours dans
le but d'éviter les signaux parasites. Les problèmes de parasitage
et de corruption des signaux électriques risquent de devenir cruciaux
dans les années à venir, étant donné les fréquences
démentes atteintes par tous les composants électroniques
du PC.
Comme tous les types de câble, le câble ATA doit être
pourvu de terminaisons à ses extrémités. Il n'y a
pas de terminaison à activer ou supprimer sur les disques durs ATA,
ils possèdent tous un circuit distribué de terminaison inclus.
Les spécifications ATA
Elles servent à définir les signaux véhiculés
par les connecteurs ATA, leurs fonctions, le moment où ils doivent
être émis, les spécifications du câble parallèle
ATA, l'ensemble des commandes auxquelles répond l'interface etc...
Une des choses importantes que précise la norme ATA est
ce qui doit se passer lorsque deux lecteurs, deux disques durs par exemple,
partagent un seul câble. Dans ce cas précis, un des deux lecteurs
doit être configuré comme le maître ("master") et l'autre
comme l'esclave ("slave"). La désignation du maître et de
l'esclave se fait très facilement par l'intermédiaire de
cavaliers situés la plupart du temps à côté
du connecteur ATA du disque dur. Schématiquement, lorsque le système
accède à un des deux lecteurs, l'autre doit rester silencieux.
La gestion de deux disques n'est donc pas multitâche.
L'ensemble des commandes auxquelles répond l'interface est
un autre aspect majeur des spécifications ATA. Le BIOS de la carte-mère
supporte au minimum 8 commandes de base destinées à l'interface
des disques durs. Parmi les commandes optionnelles mais très répandues
se trouve la commande d'identification du lecteur ("Identify Drive command").
Quelle est son utilité? Rentrez dans le petit utilitaire de configuration
du BIOS, la plupart du temps en appuyant sur la touche Suppr de votre clavier
au tout début du démarrage de votre PC. Choisissez la rubrique
"IDE HDD Auto Detection" et lancez-la. La commande d'identification du
lecteur est envoyée au disque dur qui retourne un bloc de 512 octets
qui fournissent au système et à l'utilisateur toutes les
données le concernant (taille du lecteur, nombre de cylindres, de
têtes de lecture, de secteurs par piste...). C'est particulièrement
pratique lorsque l'on achète un nouveau disque dur. D'autres commandes
importantes sont les commandes de lecture et d'écriture multiples
qui autorisent le transfert en une fois des données de plusieurs
secteurs.
La norme ATA-1
Elle date de 1994. Elle reprend l'essentiel des spécifications
ATA de départ, dont l'ensemble des huit commandes de base destinées
à l'interface du disque dur. Suivant cette norme, les disques durs
sont limités à 504 MO, pour des raisons techniques que je
ne développerai pas ici. Les paramètres utilisés pour
configurer le disque dur dans l'utilitaire de configuration du BIOS, à
savoir le nombre de cylindres, de têtes et le nombre de secteurs
par piste correspondent aux paramètres physiques, réels du
lecteur.
La norme ATA-2
La norme ATA-2, appelée communément EIDE pour "Enhanced
IDE" date de 1995.
La barrière des 504 MO est dépassée, grâce
à une amélioration du mode d'adressage du disque dur par
le BIOS appelée mode traduction ou "translation mode" en anglais.
Le mode traduction permet de spécifier dans l'utilitaire de configuration
du BIOS des paramètres de disque dur (nombre de cylindres, de têtes
et de secteurs par piste) différents des paramètres physiques.
C'est le BIOS qui sera responsable de la traduction entre les paramètres
auxquels les logiciels auront recours et la réalité physique
du disque dur. Vous pouvez voir dans l'utilitaire de configuration de votre
BIOS les trois façons dont le mode traduction peut fonctionner.
Il y a l'adressage CHS standard ("Cylinder Head Sector"), souvent
référencé comme mode normal, toujours limité
à 504 MO, l'adressage CHS étendu, référencé
comme mode ECHS ou mode large, qui dépasse la barrière des
504 MO et l'adressage LBA ("Logical Block Adressing" qui référence
les secteurs de façon linéaire sur 28 bits, ce qui donne
un nombre maximal de 268.435.456 secteurs, soit 138 GO si l'on sait
qu'un secteur représente 512 octets de données utiles. L'adressage
LBA, apparu dans le monde ATA à partir de la norme ATA-2, a toujours
été utilisé dans le monde SCSI. L'adressage
LBA est la méthode de choix lorsque le disque dur la supporte.
En plus de l'amélioration du mode d'adressage, la norme
ATA-2 augmente les taux de transfert du disque dur. Comme je l'ai rappelé
dans l'article sur les disques durs que vous pouvez trouver sur ce site,
le taux de transfert global d'un disque dépend non seulement de
ses capacités mécaniques mais aussi de son interface. C'est
à l'interface que nous allons nous intérésser.
Lorsque des données transitent par l'interface d'un disque
dur, c'est le mode PIO (pour "Programmed Input Output mode") qui est utilisé
pour gérer ces transferts. Il consiste à envoyer les données
via les ports I/O. Les ports I/O sont des canaux logiques particuliers
par où les données transitent. Le mode PIO nécessite
une intervention du processeur de la machine, il consomme du temps processeur.
C'est le type de mode PIO utilisé qui va déterminer
le taux de transfert que l'interface du disque dur sera capable d'atteindre.
Le mode PIO le plus lent est le mode PIO 0 (3,3 MO/sec), puis le mode PIO
1 (5,22 MO/sec) et PIO 2 (8,33 MO/sec). La norme ATA-2 permet les modes
PIO 3 et 4 (respectivement 11,11 et 16,67 MO/sec). Elle autorise également
le mode PIO avec transfert des données par blocs ("Block mode PIO"),
ce qui signifie que les données peuvent profiter des commandes de
lecture et d'écriture multiples du BIOS avec transfert en une fois
du contenu de plusieurs secteurs.
| Taux de transfert selon le mode ATA
|
| PIO 0
|
3,3 MO/sec
|
| PIO 1
|
5,22 MO/sec
|
| PIO 2
|
8,33 MO/sec
|
| PIO 3
|
11,11 MO/sec
|
| PIO 4
|
16,67 MO/sec
|
Ce qu'on appelle le mode de transfert de données DMA ("Direct
Memory Access") permet que les bits passent d'un périphérique,
un disque dur par exemple, vers la mémoire vive sans aucune intervention
du processeur de la machine, au contraire du mode PIO. Il y a deux types
de transfert DMA que je ne développerai pas ici. La norme ATA-2
implante les transferts DMA mais cela ne permet pas de dépasser
16,67 MO/sec, d'où le peu d'intérêt apporté
à cette technologie. Pour qu'un transfert DMA ait lieu, il faut
que le chipset de la carte-mère et le périphérique
le permettent.
La norme ATA-3
Elle se coule dans le prolongement de la norme ATA-2. Elle a été
approuvée en 1997. Il n'y a pas d'augmentation des taux de transfert
mais une fiabilité améliorée du mode PIO 4, une meilleure
gestion de l'alimentation du disque dur, et l'apparition de la technologie
SMART ("Self Monitoring Analysis and Report Technology") qui voit le disque
capable d'avertir le système de problèmes le touchant.
La norme ATA-4
C'est la dernière révision de la norme ATA à
ce jour.
Parmi les améliorations constatées, il y a l'implantation
du protocole Ultra ATA/33 ou Ultra DMA/33. L'Ultra ATA double le taux de
transfert du mode PIO 4. On passe à 33,3 MO/sec grâce à
l'utilisation non seulement des transitions positives mais aussi négatives
du signal sur le câble. Cette norme est déjà dépassée
par l'Ultra ATA/66 ou Ultra DMA/66 qui double comme son nom l'indique, les
performances de l'Ultra ATA/33 en augmentant la fréquence des signaux
envoyés sur le câble. L'Ultra ATA/66 nécessite un nouveau
type de câble ATA, voir plus haut. Elle sera bientôt disponible
à grande échelle.
L'Ultra ATA diminue le temps processeur nécessaire aux opérations
de transfert des données.
Enfin, les données sont mieux protégées grâce
au CRC ("Cyclical Redundancy Check"). Pour plus de détails, consultez
le document proposé par Quantum à l'adresse suivante http://www.quantum.com/src/whitepapers/ultraata/
| Taux de transfert selon le mode ATA
|
| Ultra DMA/33
|
33,3 MO/sec
|
| Ultra DMA/66
|
66,6 MO/sec
|
Il y a également à mettre sur le compte de l'ATA-4
l'amélioration du rendement de l'interface. Le disque est non seulement
capable de gérer plusieurs commandes qui lui sont adressées
mais il le fait dans un ordre qui lui paraît optimal. Il peut par
exemple regrouper les demandes en lecture qui concernent une même
zone du disque. Cette technique, appelée "command queuing", est
similaire à ce qui se fait depuis longtemps dans le monde SCSI-2.
La norme ATA-4 inclut en son sein le support de l'ATAPI ("ATA Packet
Interface"), standard destiné aux périphériques tels
que les lecteurs de CD-ROMs et les lecteurs de bandes magnétiques
qui se branchent sur le connecteur ATA de la carte-mère. Antérieurement,
d'un point de vue logiciel, un périphérique ATA et ATAPI
étaient complètement distincts, d'où la nécessité
de pilotes supplémentaires.
La norme ATA-4 est implantée au sein des carte-mères
et des BIOS à partir du chipset TX 430 d'Intel. La grande majorité
des disques durs actuels la respectent.
Le Pilotage de l'interface ATA
Les pilotes des disques durs ATA sont intégrés au
BIOS de la carte-mère. Il n'y a donc pas à s'inquiéter
de rien lorsqu'on branche un disque dur sur une machine : il est automatiquement
pris en charge par le système. Toutefois, pour certaines fonctions
telles que le transfert DMA de type "bus master", il est nécessaire d'installer un pilote spécifique fourni par le constructeur
de la carte-mère.
L'interface SCSI
L'interface SCSI ("Small Computer System Interface") est composé
dans le monde PC de plusieurs éléments. Une carte contrôleur
ou carte SCSI pour commencer. De cette carte part une nappe de fils sur
laquelle des connecteurs permettent de relier de 7 à 31 périphériques.
Le périphérique SCSI, un disque dur par exemple, englobe
la dernière partie de l'interface : les composants de la plaquette
électronique du lecteur, parfois dénommés contrôleur
in situ.
La carte contrôleur SCSI
Sur certaines rares machines, la carte SCSI est intégrée
à la carte-mère, sinon elle est enfichée dans un de
ses connecteurs ISA ou PCI. Si vous voulez acheter un lecteur de CD-ROMs
ou un disque dur SCSI, votre premier achat concernera donc la carte SCSI.
La carte SCSI intègre ou non de la mémoire cache.
Cette mémoire cache sert de tampon entre la carte SCSI et le système.
Son utilité réelle n'est pas certaine.
Le rôle principal de la carte SCSI est de gérer des
périphériques, dont le nombre s'échelonne de 7 à
31, à l'aide des programmes de son BIOS.
Cette gestion est multitâche, en ce sens que le standard
SCSI permet de gérer des accès simultanés à
plusieurs périphériques.
Cette gestion est aussi optimisée, parce que
le contrôleur ne demande qu'un intervention minimale du processeur
central pour réaliser ses accès aux périphériques
et véhiculer les données.
Les cartes SCSI utilisent le contrôle de parité
ou "SCSI Parity" pour fiabiliser les données. Il vérifie
l'intégrité des données échangées entre
la carte SCSI et ses périphériques. Le contrôle de
parité est optionnel en SCSI-1, et implanté d'office en SCSI-2.
Il n'y a donc pas à s'en préocupper sauf sur les vieux périphériques
où cette option peut être activée ou non par un cavalier.
Toutes les cartes SCSI actuelles sont à la norme "plug and
play" ou PnP, ce qui est sensé faciliter leur détection et
l'attribution de leurs ressources par un OS PnP.
La nappe ou bus SCSI proprement dit
C'est un câble parallèle à 8 bits (câble
A) ou à 16 bits (câble P). Le bus 8 bits présente un
connecteur à 50 broches. Le bus 16 bits présente un connecteur
à 68 broches.
Le bus SCSI peut être normal ou différentiel.
Le bus SCSI normal (SE pour "single ended") comprend un fil
pour chaque signal qui doit être envoyé sur le bus. Le bus
SCSI différentiel (DIFF), encore rare sur le marché
des PCs, présente une paire de fils pour chaque signal : le bus
transporte sur la moitié de ses fils le même type de signal
que le SCSI normal mais aussi, sur l'autre moitié des fils, l'inversion
logique du signal. C'est la différence entre les deux qui est prise
en compte à la réception. Il faut, pour utiliser un bus différentiel,
des périphériques différentiels. Il est important
de ne pas se tromper mais la rareté des systèmes SCSI différentiels
prévient la plupart des accidents, accidents d'autant plus faciles
à commettre que les câbles et connecteurs de chaque système
sont semblables à l'oeil nu. Le bus différentiel est moins
sensible aux distorsions et permet une longueur de câble bien supérieure
: il autorise la transmission sur 25 mètres, tandis que le SCSI
habituel est limité à 6 mètres en transfert asynchrone
et 3 mètres en Fast SCSI.
Il faut une résistance ou terminaison à chaque extrémité
du bus SCSI, comme c'est le cas de tous les bus d'ailleurs. Cette résistance
est activée dans le cas le plus fréquent sur la carte contrôleur
SCSI à un bout et sur le dernier périphérique SCSI
de la chaîne à l'autre bout. Si vous branchez un numériseur
externe sur votre carte, c'est lui qui devra voir sa terminaison activée
aux dépens de celle de la carte contrôleur. La terminaison
est soit activée automatiquement, cas le plus fréquent à
l'heure actuelle puisque les périphériques PnP se doivent
de respecter cette contrainte, soit par l'intermédiaire d'un cavalier
que l'utilisateur doit configurer manuellement.
Il y a trois types de terminaisons
: la terminaison passive, la terminaison active et la terminaison FPT pour
"Forced Perfect Termination".
La terminaison passive est limitée à de petits
tronçons de câbles, et insuffisante pour le Fast et le Wide
SCSI-2. Il faut donc l'éviter, ce qui n'est pas difficile car il
n'y a pratiquement plus de manufacturier qui l'utilise.
La terminaison active est fortement conseillée par
la norme SCSI-2. Elle est de toute façon nécessaire au Fast
et au Wide SCSI-2. Elle offre des régulateurs de voltage pour que
le signal SCSI se termine toujours à un niveau de voltage correct.
La terminaison FPT est une variation améliorée
de la terminaison active. Il en existe plusieurs versions qu'il n'est pas
fondamental de détailler : FPT-3, 18, 27...
Les périphériques SCSI
Ils sont formés de deux parties : une partie mécanique
et une plaquette électronique, appelée interface ou contrôleur
in situ qui nous intéresse plus particulièrement ici. Les
disques durs, les lecteurs de CD-ROMs, les numériseurs, les lecteurs
de bandes magnétiques, les lecteurs Zip ou Jazz font partie des
périphériques SCSI potentiels.
La principale chose qui différencie le contrôleur
in situ d'un disque SCSI de celui d'un disque IDE est un circuit électronique
additionnel appelé SBIC pour "SCSI Bus Interface Adapter Chip".
Tous les périphériques SCSI possèdent un micro-interrupteur
ou "strapp" qui permet de les identifier par un numéro compris entre
0 et 6, la carte contrôleur ayant par défaut le numéro
7 (numéro qui a la plus haute priorité). Si le périphérique
respecte la norme SCSI, l'attribution du numéro est automatique.
On réservera par habitude l'adresse 0 au disque dur qui
supporte la partition de démarrage parce que certaines anciennes
cartes SCSI l'imposaient.
Presque tous les périphériques SCSI disposent d'un
cavalier ou d'un autre système permettant à l'utilisateur
de retarder leur démarrage ("Start On Command") afin d'éviter
de trop gros efforts à l'alimentation au lancement de la machine.
Les périphériques SCSI acceptent ou non le contrôle
de parité, voir plus haut.
La plupart des périphériques SCSI sont PnP.
La technologie du "bus mastering", un des deux types de transfert
DMA, est de plus en plus souvent implantée au sein des périphériques
SCSI actuels.
Les types de norme SCSI
La norme SCSI-1
Le standard SCSI originel ou SCSI-1 a été accepté
en 1986. Le transfert des données utilise un bus parallèle
qui véhicule 8 bits de façon asynchrone.
La norme SCSI-2
Successeur de la norme SCSI-1, la norme SCSI-2 est
venue améliorer les choses en 1994.
La base de cette norme est toujours un transfert des données
asynchrone via un bus parallèle à 8 bits pour un taux de
transfert de 5 MO/sec.
Toutefois, un ensemble minimal de 18 commandes supporté
par les périphériques SCSI est défini. Cet ensemble
est appelé CCS pour "Common Command Set".
Il y a en plus définition de nouvelles commandes pour les
lecteurs de CD-ROMs, les numériseurs, les lecteurs de bandes magnétiques
etc...
A cela s'ajoute l'implantation d'un mode de transfert synchrone
optionnel 2 fois plus rapide sur un même bus 8 bits que le mode asynchrone
classique. C'est le Fast SCSI-2.
Pour les amateurs de vitesse, la norme SCSI-2 propose aussi une
version de bus parallèle plus large, véhiculant 16 bits à
la fois : c'est le Wide SCSI-2.
En mode synchrone, les taux de transfert d'un bus 16 bits sont,
c'est le Fast Wide SCSI-2.
Une autre caractéristique offerte par le SCSI-2 est la capacité
qu'a un périphérique d'accepter des commandes multiples (jusqu'à
256) et à les gérer dans l'ordre qu'il considère comme
optimal. C'est le "command queuing" de la littérature anglo-saxonne.
Il est important de noter que la carte contrôleur SCSI est
capable de gérer les périphériques SCSI-1 et 2. Ces
derniers sont en principe entièrement compatibles et peuvent s'échanger
des données sans aucun problème apparent. Avant un transfert
de données entre deux disques durs par exemple, une négotiation
a lieu qui a pour but que les opérations se fassent à la
norme la plus rapide reconnue par les deux.
| Taux de transfert selon le mode SCSI
|
|
SCSI-2
|
5 MO/sec
|
|
Fast SCSI-2
|
10 MO/sec
|
|
Wide SCSI-2
|
10 MO/sec
|
|
Fast Wide SCSI-2
|
20 MO/sec
|
La norme SCSI-3
Elle définit l'Ultra SCSI ou mode Fast-20.
Le transfert des données est deux fois plus rapides que le Fast
SCSI-2, de l'ordre de 20 MO/s sur un bus à 8 bits classique, et
de 40 MO/s sur un bus Wide SCSI. Dans ce dernier cas, on parle d'Ultra
Wide SCSI.
En Ultra2 SCSI ou mode Fast-40, on
atteint cette fois des transferts de données synchrones de 40 MO/sec
sur un bus 8 bits et 80 MO/sec sur un bus 16 bits (Ultra2 Wide SCSI).
Le mode Fast-40 améliore comme d'habitude deux aspects du transfert
des données sur le bus SCSI : leur rapidité et leur fiabilité.
L'interface utilise une signalisation différentielle (DIFF)
telle que je l'ai expliquée plus haut. C'est la signalisation LVD
pour "Low Voltage Differential".
Le mode Ultra3 SCSI promet des taux de transfert de respectivement
80 et 160 MO selon que le bus véhicule 8 ou 16 bits (Ultra3 Wide
SCSI).
| Taux de transfert selon le mode SCSI
|
|
Ultra SCSI (Fast 20)
|
20 MO/sec
|
|
Ultra Wide SCSI
|
40 MO/sec
|
|
Fast 40
|
40 MO/sec
|
|
Fast Wide 40
|
80 MO/sec
|
La norme SCSI-3 augmente le nombre de périphériques
que l'utilisateur peut brancher sur son bus : de 8 (carte contrôleur
comprise) on passe à 32.
Une des choses les plus intéréssantes qui doit voir
le jour au sein de la norme SCSI-3 ou d'une norme ultérieure est
le remplacement du câble parallèle actuel par un câble
série qui ne comprendrait que six fils et serait capable de taux
de transfert de 100 MO/s. C'est la norme "Serial SCSI". L'avantage
du câble série est entre-autres sa sensibilité moindre
aux perturbations électriques, ce qui autorise une grande longueur
de câble, et sa facilité de connexion.
Le pilotage de l'interface SCSI
Lorsque l'utilisateur ajoute un périphérique SCSI
à sa machine, il faut pour le gérer un pilote spécifique
du périphérique lui-même bien sûr mais aussi
de la carte contrôleur. Les disques dur sont l'exception, puisque
le pilote est compris dans le BIOS de la carte contrôleur.
Pour remplacer les pilotes monobloc, la recette du pilote en deux
partie a été ici comme ailleurs mise en pratique. Les constructeurs
de carte contrôleur respectent un interface universel sur lequel
les développeurs de pilotes des divers périphériques
peuvent se baser. Cela rend les pilotes de périphériques
indépendants du type de carte contrôleur.
Les pilotes universels ASPI ("Advanced SCSI Programming Interface")
représentent l'interface le plus répandu à l'heure
actuelle. Windows 95, 98, NT et OS/2 (version 2.1 et ultérieures)
fournissent en standard un pilote ASPI supporté par plusieurs types
de cartes contrôleur. L'utilisateur n'a plus qu'à installer
le pilote livré avec son périphérique.
Sous DOS par contre, il faut d'abord installer le pilote ASPI, puis le pilote du périphérique. Les pilotes CAM ("Common Access Method") représentent un autre type d'interface universel.
Performance de l'interface SCSI VS l'interface
IDE
Cette
partie se propose de répondre à la sempiternelle question,
qui fait couler beaucoup d'encre virtuelle sur la toile : faut-il ou non
équiper son PC d'une carte SCSI et de périphériques
SCSI?
Le disque dur
Le disque dur est ici pris comme exemple, mais ce qui suit est
valable pour les lecteurs de CD-ROMs, les graveurs etc...
Le taux de transfert d'un disque dur dépend de sa partie
mécanique et de sa partie électronique, en l'occurrence l'interface
ATA ou SCSI.
La partie mécanique d'un disque dur ATA ou SCSI est très
souvent identiquement la même. Il suffit pour s'en convaincre de
suivre l'industrie du disque dur qui sort de façon constante une
version SCSI et une version ATA de chacun de ses produits.
Les composants de la plaquette électronique sont aussi pratiquement
les mêmes, à la seule exception du SBIC dont j'ai parlé
plus haut. Dans le monde ATA, les données sont mises sur le bus
PCI dès leur sortie de l'interface. Dans le monde SCSI, les précieux
bits doivent encore transiter via le SBIC, le bus SCSI et la carte contrôleur
pour enfin être mises à disposition du bus PCI. Ces étapes
supplémentaires ne peuvent que ralentir le transfert des données.
L'idée que le lecteur SCSI est toujours plus rapide qu'un lecteur
ATA, basée sur la comparaison théorique des taux de transfert
du bus PCI dans le monde ATA et du bus SCSI dans le monde SCSI est donc
peu pertinente.
Pourquoi les disques durs SCSI ont-ils si bonne réputation
alors? Parce que l'interface SCSI offre des avantages architecturaux importants.
L'un d'entre eux est la gestion multitâche des périphériques
par la carte contrôleur SCSI. Les disques durs travaillent indépendamment
et simultanément, au contraire des disques ATA chaînés
en maître et esclave.
Un autre avantage est apporté par le fait que le travail
fait par la carte contrôleur SCSI demande beaucoup moins d'intervention
du processeur que celui réalisé par l'interface IDE. Par
exemple, ma machine, entièrement équipée en SCSI,
est utilisable de façon normale pendant que je grave des CDRs. Cela
serait moins évident à réaliser dans le monde ATA,
même si le "bus mastering" qui éparge le processeur a fait
avancer les choses dans le bon sens.
Jusqu'à présent, l'interface ATA est limitéà 4 périphériques, ce qui est loin d'être le
cas du SCSI.
La carte contrôleur SCSI possède un connecteur externe qui permet de chaîner plusieurs périphériques.
Un système qui profite du SCSI sera donc globalement plus évolutif et d'autant plus performant qu'il travaillera avec un OS multitâche capable d'envoyer des commandes simultanément à plusieurs disques durs.
Un article de serge.lambert@infonie.be notre correspondant Belge.
Sources
- Upgrading and repairing PCs de Mueller Scott, la sixième
édition (1996), éditée chez QUE. Ca a été mon livre de chevet en ce qui concerne le matériel PC. C'est franchement indigeste mais pour les malades de matériel
informatique, ça peut donner un tas d'infos.
- Upgrading and repairing PCs de Mueller Scott, la dixième
édition (1998), chez QUE.
- Le PC, dépannage et mise à niveau de Peter Norton
et Michaël Desmond, 1997, éditée chez Simon & Schuster Macmillan. C'est un ouvrage qui ne risque pas de trop vous faire chauffer les méninges mais pour ceux qu'une information trop technique effraie, c'est un bon début.
- le site de Quantum http://www.quantum.com/
qui est un modèle du genre.
- le site de Western Digital http://www.westerndigital.com/
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